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CHATEAU DE POURCIEUX

COTES DE PROVENCE - SAINTE VICTOIRE
Dans la famille d’Espagnet depuis 1760, le domaine viticole des Côtes de Provence Sainte-Victoire investit pour l’avenir

Dans un terroir niché entre Sainte-Victoire et mont Aurélien qui sent déjà bon le haut Var, Michel d’Espagnet concocte des vins au caractère bien trempé. Le domaine continue d’évoluer et fait construire un nouveau chai au milieu des vignes (au second plan). Photo G.L.

C’est une vénérable maison de vins, tout au bout de l’aire de dénomination sainte-victoire. Depuis 1760, les marquis d’Espagnet ont posé à Pourcieux (Var) leur particule et leur attachement à la terre provençale. Ancien cadre de la Cogema, Michel, le père, 66 ans, a repris les rênes du domaine viticole au mitan des années 80. Il est aujourd’hui rejoint par son fils Rémy, 26 ans, formé en Bourgogne.
Le poids de l’héritage et de la tradition ne se sent pas forcément dans l’accueil jovial et brut de décoffrage de Michel d’Espagnet. Mais dans la ligne viticole et l’outil qui va avec, si. Certes, le domaine a toujours évolué techniquement. Mais dans l’espace contraint et biscornu des dépendances du château, en plein centre-village. “On a toujours essayé de faire au mieux, mais ça reste le système démerde, résume vertement Michel d’Espagnet. On s’est habitué à ces conditions de travail, mais en fait, ce sont des conditions épouvantables.”
Depuis des années, le château de Pourcieux en tire pourtant des vins remarquables, notamment un rosé à la fois typique des côtes de provence sainte-victoire (quoique toujours vendu sous l’AOC côtes de provence, même si une bonne part du parcellaire relève bien des sainte-victoire), élégant, vif et naturellement aromatique, mais sur une touche légèrement plus vineuse et structurée que nombre de ses collègues. Ce rosé a fait le succès du château, notamment dans la conquête du marché américain dont le domaine est l’un des pionniers provençaux. “Quand j’ai commencé, en 1992, j’envoyais une palette (600 bouteilles, Ndlr) vers les États-Unis, se souvient Michel d’Espagnet. Aujourd’hui, ce sont sept conteneurs de 18 000 bouteilles par an…”
“Mais il y a un moment où il faut passer à la vitesse supérieure et accepter d’investir”, poursuit le vigneron, sans doute aussi convaincu de faire l’effort car avec l’arrivée de Rémy, la relève des D’Espagnet est assurée.

L’histoire du château

Le château, aujourd’hui classé au répertoire des Monuments historiques, est édifié au milieu du XVIIIe par la famille De Pazéry Thorame. Par alliance, il rentre dans la famille D’Espagnet. D’abord consacrées à la polyculture, les terres ont été spécialisées dans la viticulture (27 ha de vignes, aujourd’hui, dont 10 en sainte-victoire) par le père de Michel, Marc d’Espagnet qu’on pouvait croiser juché sur son tracteur mais toujours impeccablement vêtu de son costume trois pièces… Michel d’Espagnet a repris le domaine en 1985, depuis rejoint par son fils Rémy.